• Du virtuel au réel (10)

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    L'étincelle

     

    L'étincelle Dixième chapître L'étincelle

     

      Lorsque Krystel émergea de sa nuit, il était presque 8 heures30. Elle entendit du bruit dans la salle de bains. Sylvain était déjà debout.

    Elle était bien, là, dans la moiteur du lit, paressa de longues minutes, et récapitula dans sa tête, les évènements de ces derniers jours. Tout était allé si vite.

    Pour la première fois depuis longtemps, lui sembla-t-il, elle pensa à..Xavier. Elle croyait être redevenue maître de la situation. Elle avait esquivé les vagues montantes d'émotions qui se bousculaient et bouillonnaient en rafales, les réprimant, par une constance soutenue, mais elle comprit que cette escapade n'était qu'une fuite déguisée.

    Après la nuit d'Amour avec Sylvain, rien n'était résolu. Au contraire, l' homme sans visage, semblait gagner du terrain dans le cheminement même de cette négation qu'elle avait décidé d'adopter. Subitement, il lui manqua avec une force inouï, qui la laissa abasourdie !!!

    Mais alors, tous ces jours passés à renier son attirance, à évincer la plus petite tentation, à fermer toutes les portes, et obturer le moindre orifice qui eût pu laisser passer un rai de pensée pour lui, n'auraient servi à rien? Mais oui bien sûr: à le rendre encore plus indispensable et vital pour elle.

    Que pensait-il de son silence?

    En quelques instants, tous les efforts de ces jours derniers explosèrent, et elle sentit un désarroi total la submerger dans cette superbe chambre romantique où durant toute la nuit, elle avait appartenu à son amant.

    Comme dans un film où les scènes se succèdent, elle passa d'une douce euphorie à une angoisse palpable, personnifiée par cet assaut de pensées impitoyables.

    Il faut que je lui parle se dit-elle à mi-voix.

    Elle sauta du lit, et alla chercher son sac, fouilla à l'intérieur et en sortit son portable. Elle jeta un regard vers la salle de bains, se dit que c'était un peu risqué, mais le bruit de l'eau qui coulait était rassurant, et sans plus réfléchir, elle appela Xavier. Elle tremblait un peu, et son coeur s'accéléra au rythme de chaque sonnerie.

    -"Allo..C' est Krystel."

    -"Krystel, ah mon Dieu, mais pourquoi ce silence, où es-tu... tu me manques, si tu savais. Je n'en peux plus, pourquoi me laisses-tu sans nouvelles."

    -" Je suis en voyage, je ne peux te parler longtemps, Hélas tu me manques aussi, je viens d'en prendre conscience."

    -" En voyage, mais pour longtemps? "

    -" En fait, au départ ce devait être pour une semaine, mais là j'ai envie de rentrer plus tôt."

    -"Où es-tu?"

    -"Dans le Berry, nous devons visiter le château de Nohant et les lieux alentours, ensuite aller à Saint Valentin le village des amoureux pour planter un arbre. Sauf que je n'en ai plus l'envie. Et toi que fais-tu?"

    -"Je suis au parc Borely, je faisais mon footing, et me voici devant la satue de Diane Chasseresse. Je pensais à toi, je deviens fou Krystel. ."

    -" Il me tarde de rentrer. Je ne sais comment faire, mais je ne pense pas m'éterniser toute la semaine. Je suis obligée de raccrocher, je te rappelle dès que je peux. Je m'ingénie à trouver une excuse pour écourter le séjour "

    -"Krystel..attends je t'en prie, je ne sais comment te joindre, je viens de passer des jours effroyables, tu ne peux même pas imaginer ce que j'endure."

    -" Si, je sais. Du moins, je l'imagine, car pour moi, c'est très dur aussi."

    -"Sauf que toi, tu as tous les moyens pour me joindre, et que, délibérément tu m'as zappé pendant tous ces longs jours. Ne me refais pas ça Krystel . S'il te plait."

    -"Je dois te laisser, je te contacte dès mon retour, qui ne saurait tarder, et sache que je pense "terriblement" à toi."

    Elle raccrocha précipitemment, car le bruit le l'eau avait cessé, remit son portable dans le sac et retourna s'allonger. Elle repassa en mémoire la conversation qu'elle venait d'avoir avec cet homme qu'elle ne pouvait oublier. Quelle étrangeté se dit-elle, je fuis quelqu'un dont je ne connais pas le visage et qui pourtant occupe mon esprit d'une manière inexplicable. Quel mystère.!!!

    Elle comprit qu'elle était revenue à la case départ. Les choses ne se simplifiaient pas, et en plus, elle n'avait plus aucune envie de ce périple dont elle avait été l'instigatrice, elle voulait seulement rentrer au plus vite. Mais comment dire cela à Sylvain.

    Il entra dans la chambre, et vit Krystel encore au lit, s'approcha d'elle, mais elle le devança et se mit rapidement debout, sortant de ses errances coupables.

    Il l'enlaça, tendrement, lui murmura des mots de miel à l'oreille. Il fit glisser ses soigts dans sa longue chevelure de chaque côté de sa tête et l'attira au plus près de son visage. Krystel ferma les yeux de peur de laisser échapper ses images mentales. Il lui donna un baiser, qui l'aurait fait fondre de bonheur, il n'y a pas si longtemps, alors que là, elle cherchait par tous les moyens à écourter ces effusions...Elle se dégagea, en disant qu'elle allait faire sa toilette.

    Elle s'éternisa plus que nécessaire sous l'eau de la douche. Elle réfléchissait aux arguments qu'elle aurait à avancer afin de reprendre la route du retour avant la date prévue. Pour l'heure, elle décida de ne rien laisser paraitre, et c'est la mine éclairée qu'elle reparut dans la chambre, où Sylvain l'attendait.

    Bon, se dit-elle, nous irons visiter le château, cela me parait incontournable, et pour accélérer les évènements, elle pensa brûler certaines étapes. Après un petit déjeuner assez léger, ils se préparèrent pour la visite du domaine de Nohant. Elle qui en avait rêvé maintes fois, ne retrouvait plus ce désir aussi vivace. Elle avait souhaité très fort cette rencontre avec la Dame de Nohant, voulant marcher dans ses pas, et là, plus rien ne lui importait, sinon de s'en retourner et rentrer au plus vite.

    Finalement, se dit-elle, la grande amoureuse qu'était George, ne peut qu'acquiescer et comprendre mon état d'esprit.

    Sylvain papotait joyeusement, il était heureux. Il s'extasiait sur d'insignifiants détails. Elle faisait de gros efforts pour lui donner le sentiment qu'elle était là, présente, mais ce n'était pas le cas.

    Elle se répétait inlassablement que Xavier l'attendait. Il lui avait dit qu'il était malheureux de son silence. Une rencontre entre eux était inéluctable. Elle sentit un certain soulagement et une grande joie, de reconnaitre enfin qu'il était inadmissible de refuser une rencontre. Elle pourrait évaluer la force de son attirance, en découvrant qui il était réellement.

    Dès l'entrée dans la grande cour du château, ils entendirent l'introduction musclé de La Polonaise de Chopin. D'une pièce à gauche, où un piano trônait au centre, un homme jouait magistralement le morceau. Krystel tira le bras de Sylvain, afin de poursuivre. Déjà son comportement n'était plus le même, elle en était bien consciente, elle savait que Sylvain allait bien vite s'en rendre-compte, car il la connaissait bien sa Krystel..

    Ils se pressèrent vers la porte de l'entrée où un guide attendait devant un petit groupe pour la visite. De somptueux arbres ornaient la grande cour, et la batîsse avait très fière allure.

    Pourtant, krystel malgré l'air intéressé qu'elle affichait, n' était pas vraiment en harmonie avec ce lieu tout simplement magnifique, auquel elle avait tant de fois pensé et rêvé de connaitre.

     

    A suivre: Chapître 11 prochainement

     

     

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